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Vêtu de son habit de lumière, Briançon fit naître de grandes passions. C'est dans ses remparts que René Desmaison découvrit la montagne. Originaire du Périgord son rêve était à l'opposé de son destin. Il voulait être navigateur mais c'est à l'armée, à la section des éclaireurs skieurs du 99ème régiment d'infanterie alpine à Briançon, que le contact avec l'Oisans amorça le début d'une longue carrière d'alpiniste. Le pic de Rochebrune, symbole des échanges entre la plaine du Pô et la vallée de la Durance, fut son premier sommet. C'est de ce monde minéral où les eaux de la Guisane s'unissent à celles de la Durance, que des hommes se rencontrèrent pour gravir les parois les plus difficiles.
Ce premier contact avec les beaux sommets de l'Oisans est pour René Desmaison déterminant. Pendant neuf ans il pratique l'alpinisme en amateur. Puis il devient guide de haute montagne et professeur guide à l'École Nationale d'Alpinisme de Chamonix. Au cours de cette période, René Desmaison ouvre l'ère du grand alpinisme hivernal en réalisant la première ascension hivernale de la face nord de l'Olan, du Nant Blanc à l'Aiguille Verte.
Il participe à deux expéditions nationales en Himalaya du Népal pour la conquête du Mont-Jannu, considéré alors comme un sommet inaccésible. Le 27 avril 1962, Il fait parti de la cordée de pointe qui atteint le sommet de ce merveilleux joyau de l'Himalaya. Sur ce sommet, il tourne ses premières images avec une caméra 16 mm.
En 1963, il réussit la première ascension en solitaire de la face ouest du Dru (sans aucune assistance).
Plus épris que jamais de liberté, il quitte l'École Nationale pour se consacrer à sa clientèle privée, à l'alpinisme hivernal et à courir les montagnes du monde.
Dans les années qui suivent, il gravit quatre fois en hiver, la face nord des Grandes Jorasses, parfois sous la tempête. C'est dans cette paroi, au mois de février 1971, que son compagnon le guide Serge Gousseault meurt d'épuisement à 80 mètres sous le sommet. Il écrit un livre où il retrace l'ascension. Un an plus tard pour éprouver ses forces physiques et morales, après cette terrible aventure, il entreprend et réussit la première ascension en solitaire de l'arête intégrale de Peuterey au Mont-Blanc, la plus longue arête des alpes. Il franchit le sommet du Mont-Blanc dans la tempête. Tout est bien. Et en hiver 1973, avec ses deux compagnons Giorgio Bertone et Michel Claret, il reprend et achève l'itinéraire commencé avec Serge Gousseault.
A ce jour, René Desmaison a réalisé 114 premières dans les alpes et les montagnes du monde. Organisé 14 expéditions dans la cordillère des Andes où il ouvrit des itinéraires de haut niveau, dont la face sud du Nevado Huandoy, l'ascension la plus difficile au-dessus de 5000 mètres en Amérique du Sud, réalisé 9 films, dont quatre pour la télévision. Écrit huit livres, Hors sa profession de guide et cinéaste.
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Photos fournies par Pascal Desmaison.
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